Christian RAYER [Histoire TY]

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Christian RAYER [Histoire TY] Empty Christian RAYER [Histoire TY]

Message par charlyxty le Sam 9 Nov - 11:09

La véritable histoire de la Yamaha TY par Christain Rayer :

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Donc , nous sommes en 1970, je lis dans une revue l’interview de « Mons Veuillet » le PDG et créateur de « SONAUTO » ( importateur à l’époque de Porche et Yamaha en France ) dans cet article il explique tout son intérêt pour la compétition Auto et Moto, son discours m’a plu, je décide de le contacter, pour lui faire part d’un projet auquel je pense depuis un bon moment pour la marque «YAMAHA » surprise! il me fait répondre assez rapidement sous quelques jours, par l’intermédiaire de son jeune et nouveau directeur du département Motos mons JC OLIVIER, ce dernier me donnant un RDV au salon de la moto porte de Versailles à PARIS afin de nous rencontrer ? JCO me reçoit très courtoisement sur le minuscule petit stand Yamaha où trône que quelques quatre à cinq modèles de route et TT de disponible de la marque à ce moment là .JCO ne sait toujours pas ce que j’attends de lui ? … Par contre, il me connaît bien ( grace à la presse moto ) depuis plus de dix ans déjà que je sévis en Championnat Trial en France et à l’étranger,) ce qui a l’avantage de me faciliter le début de ma démarche, Voilà je lui annonce deux ou trois choses qu’il sait déjà, que je pilote pour « MONTESA ESPAGNE » que je suis toujours champion de France inter Trial depuis pas mal d’années, mais il ne s’attend pas à ce que je lui annonce que je verrais bien une « YAMAHA en compétition Trial » prochainement ? Notamment à partir du moteur de la « DT 250-360 « de la marque! ... Il est un peu surpris ? Mais rapidement très intéressé, (je pense que j’ai du être assez convaincant ), par contre, il m’annonce de suite que l’usine n’est pas du tout branchée sur le Trial pour le moment ( ils viennent seulement d’envisager de sortir leur première machine de cross ! alors le Trial ?), il doit partir au Japon prochainement et me tiendra au courant s’ il y a une possibilité ? Voilà ce fut court et précis, comme toujours avec JCO . Encore de longs mois passèrent où je continue de piloter la Montesa sans rien dire à personne évidement ! Quand début 1971 je reçois un nouveau courrier à l’entête de «SONAUTO » signé JCO .Voilà, l’usine semble maintenant intéressée par votre idée, mais avant il faut tout de même rencontrer lors de sa future visite à Paris un des grands directeurs décisionnaires pour finir de le convaincre sur le projet ? ... Plusieurs semaines se passent, Le nouveau RDV est pris, cette fois je dois venir avec ma «COTA247 « pour effectuer en plus une démonstration du produit mais aussi du Trial ! le tout en forêt de Fontainebleau ; Nous discuterons beaucoup ( c’est dire que les Japonais à l’époque ne connaissent rien ! au Trial . ) La rencontre se passe très bien, très chaleureuse, la démonstration malgré le bon repas pris avant dans une super auberge a convaincu, semble t ‘il ? mais avec les Japonais vous n’êtes jamais sûr de rien . IL va se passer encore plusieurs mois, puis JCO va me re convoquer, mais à son bureau à Paris cette fois, pour m’annoncer que nous avons presque le feu vert, reste à se mettre définitivement d’accord sur les modalités et le coût de l’opération TRIAL Prototype, l’usine n’imposant qu’une seule chose mais pas des moindres naturellement que la future machine reprenne un maximum de pièces YAMAHA et un look typiquement YAMAHA c’est l’impératif, sinon pour le reste j’ai presque carte blanche, JCO devant donner son accord avant la sortie définitive du prototype en compétition. Je dois lui soumettre un dossier technique détaillé et chiffré avec plans précis de la future machine, ensuite si nous sommes d’accord je dois me mettre au travail à «Moto 92»
.J’ai déjà tout le projet bien dans la tète, je le finalise en quelques semaines, je le présente à JCO avec une demande toute particulière, je veux que l’usine me fabrique sur mes mesures précises une boite de vitesse spéciale TRIAL dans les carters du DT, c’est la seul chose que je ne me sens pas capable de réaliser rapidement moi même, c’est d’accord, c’est signé ! les pièces de la boite arriveront un mois plus tard ! je me mets au travail, c’était vraiment culotté de se lancer dans un projet pareil à ce moment là de ma vie, mais mon contrat avec MONTESA touche à sa fin, cela tombe bien ! Pourtant à Barcelone, ils vont essayer de me garder quand même, ils iront jusqu’à me proposer de doubler mon contrat, c’est sûr, ils ne voient pas d’un bon oeil l’arrivée de YAMAHA dans le petit monde du Trial ! mais rien à faire ma décision était bien prise depuis longtemps, je pars ! Une nouvelle grande aventure commence pour moi, je suis très excité et pas mécontent une nouvelle fois d’être le premier, surtout devant les pilotes British, de créer et piloter la toute première moto de Trial Japonaise au Monde . Je sais mieux que personne que mes résultats de pilote au plus haut niveau vont en pâtir, déjà je suis jeune marié et nous venons d’avoir notre premier enfant, ensuite je viens de créer mon magasin de motos à Chaville et faute de gros moyens j’ai du réaliser moi même les travaux d’aménagement, ensuite pendant cette période de mise au point de la nouvelle machine, c’est plutôt le technicien qui va prendre le dessus sur le pilote désormais j’ai beaucoup moins le temps pour m’entraîner, mais c’est tout cela aussi qui est excitant ! piloter c’est bien, mais créer en plus c’est mieux. Nous sommes maintenant en septembre 1971, cela fait plusieurs mois que je travaille à la construction et la mise au point de la nouvelle YAMAHA à Chaville, ce n’est pas toujours facile, je me heurte souvent à des problèmes techniques que je dois absolument résoudre seul, les Japonais sont venus à Chaville plusieurs fois déjà voir l’avancée du projet, très intéressés, mais comme à leur habitude seulement avec tout appareil photos dehors et repartis aussi vite à TOKYO, la première course de championnat de la saison a lieu à LANS EN VERCORS dans les Alpes, je vais travailler à finir la machine jusqu’à la veille de cette première compétition où je ne finirai que troisième en inter derrière les deux 300cc BULTACO de Peugeot et Coutard, avec quelques soucis techniques pendant la course, mais parti de rien ou presque c’est un début très encourageant. Je vais participer à toutes les courses du début de la saison 71 avec ce prototype que je vais rapidement faire évoluer, finissant la saison vice Champion de France Inter derrière « Charles et sa Bultaco «, mais assez rapidement après quelques mois JCO me fait part que les ingénieurs de l’usine travaillent maintenant sérieusement à l’élaboration de la future machine de Trial, que leurs prototypes sont bien avancés et qu’ils désirent me rencontrer ici en Europe, en Belgique précisément pour me les faire essayer, le RDV est pris, je vais rencontrer sur trois jours les ingénieurs venus spécialement avec tout le matériel du Japon pour ces essais, je rencontre donc Mons « Matsui » qui est le nouveau responsable promu de ce programme « TY ». Il y a deux machines à tester dans le plus grand secret une 250 et une 360, elles possèdent le même moteur que celui de mon propre prototype mais avec une partie cycle un peu différente ( voir photos appelé YZ649 ). Après ces trois jours d’essais de travail intense où je n’ai pas ménagé mes Japonais, ils ont travaillé même toutes les nuits dans le camion devant l’hôtel pour me satisfaire sur mes demandes de modifications techniques, je suis assez enthousiaste sur le résultat, au point que je leur demande de pouvoir repartir avec la version de la machine que j’ai finalement choisie (je pense qu’elle est maintenant prête pour affronter la compétition ), mais c’était sans compter sur le tempérament Japonais ? Mons Matsui était d’accord, mais devait en référer d’abord à son directeur à l’usine et obtenir son accord, pour cela il a passé une bonne heure au téléphone avec le Japon, pour finalement me dire « non « le chef veut encore finaliser la machine de pré-série, nous vous en enverrons un exemplaire prochainement, dans l’immédiat nous devons retourner ces machines au Japon .IL se passera plusieurs mois encore avant que JCO me convoque pour me dire un jour, Chris ça y est ! il y a une nouvelle machine totalement construite par l’usine pour toi, il faut aller la chercher au bureau YAMAHA Europe à Amsterdam, nous sommes maintenant courant fin 1972, j’arrive à Amsterdam et là le responsable Japonais me dit nous avons deux prototypes de machine de prè-série pour vous, avec un lot important de pièces détachées spéciales, vous choisissez et prenez celui que vous voulez, je découvre avec surprise la version définitive ( sauf la couleur, toute grise ) de la TY et il me dit il y en a une pour vous et une autre pour un nouveau pilote, tout nouvellement engagé par Yamaha, Mick Andrews ( que je connais, bien évidement pour l’avoir côtoyé d’abord en Ecosse puis ensuite en Espagne lui sur Ossa, moi sur Montesa ) c’est à ce moment que j’apprends que Mick est maintenant donc engagé lui aussi par Yamaha et aura à piloter la même machine que moi désormais, la machine devant être commercialisé en série si tout va bien très prochainement courant -fin 1973 . « Voila la seule vérité historique »,car je vois trop souvent n'importe quoi concernant la création de cette moto sur le Net et ailleurs, Voilà seulement dans les mois qui suivirent, c’était sans tenir compte de la « personnalité « ou disons de la» sensibilité «ou simplement de son « ambition « pour être gentil de Mister « Mick « qui rapidement en Angleterre c’est efforcé de transformer sa machine pour se démarquer rapidement du petit Français et aussi en même temps, bien signaler au monde que lui « seul « avait un statut à part aux yeux de l’usine et était le seul pilote «Maison» ! bénéficiant de sa notoriété, afin de s’octroyer facilement la paternité du programme et ça marche !!!!!! ça marche encore d’ailleurs !!!! ( c’est très British comme comportement ), mais aussi je pense pour essayer certainement une machine plus performante, j’avais déjà un peu connu ça chez MONTESA dans d’autres circonstances avec « Don Smith » , mais là j’ai été obligé à un moment donné de dire à JCO, alors c’est quoi ce travail ? Nous n’avons plus le même matériel ? .... Sur le coup, avec JCO, nous ne comprenions plus rien ? Mais JC a rapidement réagi, il ne faut pas lui marcher sur les pieds, il a contacté rapidement « Hamamatsu » qu’est ce qu’il se passait ? Le coup de pub à la «Andrews » avait réussi ! mais finalement j’ai reçu quand même aussi assez rapidement ce modèle «cantilever » ! qui en fait n’était pas du tout fabriqué par l’usine malgré qu'il l'ait appelé "OW10 "mais uniquement cette nouvelle partie cycle en Angleterre à l’initiative de Andrews !... Au début Tout le monde a cru qu’il s’agissait d’une version « Usine » spéciale ? En fait, cela n’avait rien à voir avec la vrai « TY » Japonaise, qui fut rapidement commercialisée en 250cc dans sa version définitivement inchangée ( mais couleur jaune cette fois ). La suite on la connaît, le succès commercial des TY qui suivit dans le monde ! ... Ce qu’il faut bien comprendre dans une grande entreprise « tentaculaire «comme la firme Yamaha, tout y est mondial, rien à voir de ce que l’on connaît ici en Europe, tout est plus gigantesque et très hiérarchisé «à la Japonaise» s’il on devait un peu comparer avec ce que nous connaissons ici, ce serait avec la régie Renault par exemple ( J’ai eu l’occasion de me rendre sur place à l’usine à Hamamatsu pour bien comprendre ), les produits sont d’abord fabriqués pour satisfaire la demande de leurs principaux clients, qui sont ils? ..... il y a les importateurs principaux, qui donnent le ton, les USA, l’EUROPE, l’ASIE, mais cela fonctionne avec une certaine autonomie par continents mais toujours avec cette efficacité dans le travail totalement inconnu ici chez nous, rien à voir avec les petites entreprises Montesa ou Bultaco qui à coté font figure de maisons artisanales voir familiales, mais cela n’a pas que des avantages, par exemple dans les rapports avec la directions, c’est un peu plus lourdes, très hiérarchisées d’où quelques dysfonctionnements parfois dans la compréhension avec nous les Européens ( il faut bien comprendre que pour eux le Trial ce n’était rien ! cela ne représentait pas grand chose dans leurs programmes de fabrication ). Voilà, j’ai continué la compétition en championnat de France sur la TY standard ou presque, jusqu’au jour de 1975 où j’ai décidé de re plancher sur son moteur pour la rendre plus puissante et plus compétitive (325cc) pour faire face à la concurrence avec un peu plus tard également la TY «239» et la «175» puis la célèbre DTMX, et enfin je raconte mon voyage au «Japon» à l’usine, l’école de Trial à Paris, les «XT» les Paris-Dakar, le Touquet, des voyages, du danger souvent, du show-business aussi etc ..... Mais là c’est encore de toutes nouvelles aventures à multiples rebondissements ...!!!!!!!!!! !!!!!!!!...........
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Extrait du livre de Christian Rayer (Le parfum de l'au-delà) dont nous vous conseillons vivement la lecture , la vie de Monsieur Rayer étant un véritable feuilleton 
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